POÉSIE

La haute mission de l’art

est de préfigurer par ses illusions

une réalité supérieure de l’univers,

de cristalliser les émotions du temps

dans une pensée d’éternité.

 

 Collectif Cosmogonie d’Urantia

La poésie est le commencement et la fin de toute connaissance.

 W. Wordsworth

sur la Poésie

Son Excellence déclara: « C'est une grande grâce d'être honoré dans ce centre de spiritualité qui influence tous les états de l'Inde et même les pays des autres continents! » 

Le jour suivant était celui des poètes; on y lisait des poèmes en sanskrit, en telugu, en urdu, en tamoul, en kannada et en anglais devant Sri Sathya Sai Baba qui, bien naturellement, donna à chacun un avis précieux : 

« Le poète est capable de faire plus de découvertes que le simple penseur. Il reconnaît et connaît le prochain pas et le prochain... en fait, il est conscient du but. Le kavi ou poète est divin, dans l'opinion publique indienne. Aussi a-t-il une énorme responsabilité. Il est 'anusasithara', celui qui établit les lois et les normes. Il ne devrait pas se plier aux caprices de la multitude dans le seul but d'obtenir une renommée bon marché ou une fausse prospérité.  Il doit canaliser et fertiliser l'impulsion divine dans l'homme.  

Les poèmes qui traitent des problèmes essentiels de la vie et de la mort, de la liberté et du destin, de la vérité et de l'illusion, de la vertu et de la tentation, de l'ascension et de la déchéance, de l'aspiration et de la réalisation, perdureront à travers les âges, car ils auront fourni quelque chose de profond à l'homme. Plus profonde que les sens ou la raison ou la passion, il y a l'inspiration, source de 1'illumination. La lutte de l'homme pour découvrir le Créateur au sein de la création soulèvera un enthousiasme authentique. » 

Sri Sathya Sai Baba s'éleva contre la poésie sans consistance et prétentieuse, les couplets enflammés et rageurs, les chants rythmés et les fatras dépourvus de sens. 

«Ne contaminez pas les autres avec vos superstitions et vos embarras.»

Ainsi, Dasara se transforma en un séminaire sur l'étude spirituelle dans un Institut de réhabilitation de la spiritualité… 

 

Sathyam Shivam Sundaram II, chapitre 9 "Joie Divine", p 118fr 

N. Kasturi - éd. Sri Sathya Sai Books & Publications Trust

 

"La vraie poésie émane de l'appel du Divin en dedans, pour s'exprimer en vocabulaire sublime. Elle accorde une joie durable aussi bien au poète qu'aux lecteurs. Elle n'abaisse pas son évaluation du monde ni de son Créateur. Les lecteurs doivent attirés plus souvent à lire de la poésie, et chaque fois qu'ils passent en revue et ruminent sur ses lignes, de nouvelles visions de la signification doivent s'ouvrir devant leurs esprits. Puis c'est seulement alors que la poésie peut être de tout temps et pour tous les hommes.

Les poètes doivent d'abord découvrir Dieu et puis, disséminer leur extase vers ceux qui ont soif de cette beatitude. Et, qui n'a pas cette soif profonde en lui-même? Chacun est en exil, trimant pour sa maison, en Dieu. Le pèlerinage vers Dieu peut être rendu doux, rapide et sûr, par le bon type de poètes. Une personne aveugle ou une personne boiteuse ne peut pas traverser le fleuve au gué, par lui-même. L'homme boiteux peut monter sur l'homme aveugle et le faire traverser en sûreté. Car, il a l'oeil et l'autre a la détermination et la force. Le poète a l'oeil plein d'expériences; il connaît le chemin; il peut éviter les pièges et aider les autres à faire de même. Il peut encourager, parler avec beaucoup d'enthousiasme."

"La poésie de l'Amour"

1 avril 1974 Hyderabad Sri Sathya Sai Baba

POÈMES LAURÉATS

PETITE FLEUR 1988 Concours Nivelles & 1994 Prix Apple.

HESBAYE Prix 1991 AREW (Association Royale des Ecrivains wallons) de poésie.

ELLE Mention au concours 2000 UAICF (Union Artistique et Intellectuelle des Cheminots Français).

LAGUNE  Deuxième Prix au concours 2001 UAICF.

DANSER 2001 Premier Prix Cheminots Belgique et Prix d’encouragement de la province du Hainaut.

JOURS SANS JOUR Prix spécial 2001 de la Délégation générale à la langue française (meilleure défense de la langue française) et Prix 2004 AREW de poésie.

POÉSIE  Mention extraordinaire au Prix mondial 2010 de poésie multilingue Nosside (47 langues, 58 pays, 291 participants).

 

QUELQUES CRITIQUES

Corps à cœur

Étrange homme que cet André Streel, et qui nous surprendra toujours... Excessivement bien doué et se jouant des règles et des formes fixes, égrenant rondeaux, villanelles, ballades, pantoums sans effort apparent, sans rien qui pèse ou qui pose ; passant, en un instant, du ton des troubadours à celui des romantiques ; pratiquant la poésie la plus légère à côté de la plus profonde ; en équilibre stable sur les lignes de crête les plus acérées ; abordant les thèmes apparemment les plus divers. . . Mais sous le vernis un peu grinçant de l’humour, de la sensualité, une sorte d’âpreté, de tristesse profonde, ainsi dans ce superbe poème où il s’adresse à sa mère, dans cet autre tout barbelé où il célèbre la Hesbaye,

Je veux mourir Hesbaye, orgueilleux solitaire,

Comme meurent tes champs, sans un cri, sans un pleur.

Je veux mourir fidèle aux fêtes de naguère,

Comme eux tous, sous les coups de monstrueux moteurs !

Un recueil qui vous touche, vous interpelle, ne peut vous laisser indifférent ; qui ravira ceux qu’enchantent les rythmes anciens aussi bien que les écorchés de la vie.

              Revue Reflets Wallonie-Bruxelles N° 11 septembre 2007 Joseph Bodson

 

J’ai beaucoup apprécié la poésie de “Corps à cœur”, ce tour de main (ou plutôt de plume) à la fois classique dans la forme et moderne dans le ton, l’inventivité verbale de la construction, le côté villonesque aussi et les images. Bravo.

Jean Jour, critique, courriel 2007

 

Avec grand plaisir, j’ai lu votre recueil “Corps à cœur”. Il y a un “ ton”, ce qui est important. J’aime ce mélange de sentences, de jeux autour des mots, de climat poétique. J’aime aussi l’utilisation des formes « classiques » et plus anciennes de la poésie : elles continuent à nous présenter les réflexions, les descriptions, les états d’âme. L’amour est pudique. L’inconnue suggérée comme dans « Nombreux sont les pays, hasardeux les chemins. À l’ombre de mon cœur vit un certain visage, où que flânent mes yeux, je ne vois qu’une image. »  J’ai un faible pour le poème ramassé de « Que fais-tu là dans l’illustré ? », original et amenant l’interrogation en soi !

Jacques Mercier, Rtbf, courriel 2007

 

Vers de terre

Étrange impression, celle que produisent ces vers à la métrique très classique, très régulière, et les propos pince-sans-rire, le vocabulaire parfois familier, où le style noble côtoie l’apostrophe bouffonne. Mélange bizarre de gueulantes dignes du Chat Noir et de règles strictes que pourraient couronner les Académies de Jeux floraux : tout cela fait un cocktail assez détonant. Bref, des vers que Maurice Rollinat ou Charles Cros n’eussent pas désavoués, et qui pourraient entrer dans une anthologie du bizarre, de l’inattendu.

Une pièce comme Clown témoigne d’une grande virtuosité verbale, d’un sens aiguisé du rythme en même temps que d’une sensibilité un peu décadente, à la Jules Laforgue, qui est loin d’être sans charme.

Bref, un personnage qui peut paraître anachronique en ce siècle où le banal tue l’originalité, une sorte d’albatros échoué sur un étang de vase pourrie.

Des défauts ? Il y en a, bien sûr, un penchant un peu trop poussé pour l’anecdote, une prolixité trop grande. Un peu trop d’éloquence, et même de grandiloquence, un goût immodéré du calembour… Mais cela n’empêche, encore une fois, que ce recueil renferme bien des beautés.

Reflets, N°16 juillet-août 2008, Joseph BODSON

 

GRADATION DES RECUEILS DE POÈMES

Ils montent de la terre au ciel, les VERS DE TERRE rampent, les CORPS À COEUR montent comme indiqué au Cœur, ceux qui sont AVEC BABA s'élèvent jusqu'au ciel de l'esprit ou tout au moins nourrissent cette ambition.

Les HAUTS DE FORME ne sont que pour ceux d'entre tous ces poèmes qui se distinguent par leur forme fixe. 

DE L'ANIMAL AU DIVIN rassemble quasi tous les poèmes en testament forcément poétique.

Enfin AVEC BABA couronne de poésie l'Avatar du temps

Fin des temps… du mal. Cycle invariable... Comme on le voit, l’âge de fer se termine, boucle ses cinq mille ans réglementaires ; comme on le sait moins, comme on n’ose le croire, c’est l’âge d’or qui est tout près de lui succéder, quatre fois plus long. Après l’enfer le paradis, sans transition ou presque, ainsi joue le Maître d’œuvre. L’erreur et l’horreur de l’illusion matérielle à son paroxysme avant le retour, d’autant plus contrasté, au réel de l’esprit bienheureux. Ignorance, mensonge, immoralité, haine, guerre s’éclipsent déjà devant le plus que savoir, la sagesse et donc la vérité, la droiture, l’amour, la paix. Le vent de l’évolution change de sens, au bout de la régression animale l’irrésistible remontée humaine, jusqu’à divinisation, plein épanouissement de notre nature effective, bienheureuse.

Le poète, lui, retrouve d’ores et déjà sa condition première de prophète, en l’occurrence il est fait messager blanc, il précède la révolution, la “prévoit”, annonce en l’illustrant la très bonne nouvelle. Seule incertitude, pour quand très précisément le grand passage ? Les paris sont ouverts. Bien avant la fin de ce siècle en tout cas.

Aussi après avoir constitué de « Vers de Terre » le socle bien lourd, bien sensoriel, bien réaliste de ma pyramide en vers, après y avoir ensuite posé les pierres poétiques qui, montant de l’émotionnel animal au sentimental humain, font du « Corps à Cœur », il me restait à couronner le tout de son apex, lui-même pyramidal, piquant, trouant le ciel, touchant au plus le spirituel, le mystique, le cosmique, bref baignant au plus dans la lumière du réel libérateur des apparences. Monument de la vie enfin complet, symbolique du cheminement obligé de notre fabuleuse destinée à tous. Tout est mal qui finira bien.

Ce qui, au-delà de la tout à fait déraisonnable et inexplicable inspiration poétique, m’a amené à noircir ces quelques pages aspirant la lumière de l’avenir sur la nuit du présent, c’est le changement de nourriture mentale qui suivit cette lecture littéralement déroutante, à mes dix-huit ans, aux portes du suicide : « Le matin des magiciens ». Oui, c’est bien cela qui m’a fait quitter pour longtemps les restaurants du savoir intellectuel qui me laissaient affamés pour l’assouvissante sagesse spirituelle de l’orient, magiquement vraie, notre demain matin et pour longtemps…

RECUEILS

IL BRUINE UN PEU

Plaquette sans prix, révélation à moi-même de ma capacité poétique en des circonstances tragiques car je meurs à 18 ans, je perds toute une vitalité que je ne retrouverai plus, et ce, en suite d'un accident de démocratisation scolaire, psychotropes + électrochocs, le duo gagnant, plus de mémoire, la dépression à demeure en permanence, la poésie comme bouée de sauvetage, porte ouverte en continu sur le réel. Je crois même qu'elle va être lue, la plaquette se vend comme des petits pains à cette fête culturelle de ce gros village mais non je dois vite déchanter : il y a méprise là sur la tablette d'entrée du hall d'exposition on a pris ma plaquette pour le programme des festivités et le plan des stands. Je dois rembourser les acheteurs déçus, lésés, que dis-je trompés...

Et puis il y a ce tout gros encouragement d'un maître à la fois de poésie et d'édition, Pierre Seghers, peu avant qu'il ne décède et son entreprise va le suivre dans la tombe.

Cher poète,

Je crois que vous êtes réellement poète, habité par la poésie. J’aime surtout – pas pour le sujet, pour le langage – les vers de « Putains ». C’est fauve et violent, juste et neuf. L’allitération « Le vin de vie des vignes vaines » est excellente, et l’âpreté du ton. Inventez-vous votre langue, travaillez serré, ne ressemblez à personne, avant tout bon courage. (Rendez-vous dans un an !) Tout en sympathie,

Pierre Seghers, poète éditeur, 23.11.1972

CORPS À COEUR

André Streel fait siennes deux traditions poétiques : des formes classiques et exigeantes dans lesquelles pourtant se déploie une libre inspiration et des vers populaires, familiers et puissants.

Le poète relève le défi de parler d’aujourd’hui avec les moyens d’hier.

Poésie délicate ou chanson populaire, l’écriture d’André Streel est pénétrée d’un souffle original et fort, sans pudeur ni retenue.

Celui qui est en scène ici, c’est l’homme, ce champ de bataille unique, terrible et fameux, où s’affrontent le plus haut et le plus bas, l’esprit et la matière, au corps à cœur.